La Fiat Panda électrique produite en Serbie et les politiques industrielles italiennes

La Fiat Panda électrique produite en Serbie et les politiques industrielles italiennes
Fiat Panda Serbia

L’annonce par Stellantis de produire la prochaine Fiat Panda électrique non pas sur son sol natal mais en Serbie a ébranlé l’industrie automobile et alimenté les débats sur le futur de l’automobile en Europe. La question de l’emploi en Italie est au cœur de cette controverse, mettant en lumière la tension entre préservation des emplois locaux et impératifs économiques d’une industrie en pleine mutation.

Fiat Panda, une production historique

Emblématique de la production automobile italienne, la Fiat Panda est actuellement assemblée à Pomigliano d’Arco, en Campanie, qui emploie environ 4 000 personnes. Bien que la version thermique soit maintenue jusqu’en 2026, la future Panda électrique, dont la sortie est prévue pour 2024, verra le jour dans les installations de Kragujevac en Serbie, acquises par Stellantis en 2008 et opérationnelles depuis 2012.

Un virage stratégique et ses conséquences

Cette décision stratégique de Stellantis de produire la Panda électrique en Serbie s’inscrit dans une démarche de réduction des coûts de production, profitant des salaires plus bas de l’Europe de l’Est. Cependant, elle soulève des inquiétudes quant à l’avenir de l’emploi en Italie et la politique économique du gouvernement, en particulier face à la réglementation européenne qui verra, sous 15 ans, l’interdiction de production de véhicules non-électriques en Europe.

Stellantis et l’économie italienne

Malgré son envergure internationale, Stellantis joue un rôle majeur dans l’économie italienne, contribuant à 1-3 % du PIB national. L’industrie automobile, selon l’Institut national des statistiques (ISTAT), offre du travail à environ 160 000 italiens, principalement au sein de Stellantis. Le choix de ne pas produire la Panda électrique dans l’historique usine de Mirafiori à Turin a été l’objet d’appels répétés en faveur d’une telle initiative.

Des incitations gouvernementales insuffisantes

Carlos Tavares, PDG de Stellantis, avait auparavant pressé l’Italie d’offrir davantage d’incitations pour la production de véhicules électriques, condition sine qua non à l’augmentation de la production sur le territoire italien. Face à l’absence de réponse et à l’absence de politiques claires, couplée à des subventions pour l’achat de voitures neuves trop généralement attribuées, la firme a pris la décision de changer de cap.

Un gouvernement italien sous le feu des critiques

Le gouvernement italien se retrouve sous le feu des critiques, les partis d’opposition comme le Parti démocrate fustigeant une « absence totale de politique industrielle » et soulignant la nécessité de renforcer l’industrie automobile nationale.

L’avenir électrique de l’automobile en europe

L’industrie automobile européenne est en pleine révolution, l’électrification des véhicules devenant une priorité absolue. Les gouvernements et les fabricants font face à des défis majeurs dans le but de rester compétitifs tout en répondant à des impératifs écologiques. La production de la Panda électrique en Serbie est emblématique de ces bouleversements, soulignant l’importance de stratégies innovantes et prudentes pour naviguer cette transition historique vers le zéro émission.

L’évolution de Stellantis et sa décision relative à la Panda reflètent les complexités auxquelles est confrontée l’industrie automobile européenne. Ce n’est pas simplement une question de logistique ou de coûts de production, mais un véritable enjeu sociétal qui nécessite une approche équilibrée.